Les savoir-faire de la construction en terre crue viennent de franchir une étape importante : le ministère de la Culture a donné un avis favorable à leur inscription à l’Inventaire national du Patrimoine culturel immatériel. Une reconnaissance qui valorise des pratiques constructives ancestrales et souligne l’importance de préserver et transmettre ces compétences.
Le 14 avril dernier, le Comité national du patrimoine culturel immatériel a émis un avis favorable à l’inscription des « savoir-faire de la construction en terre crue en France » à l’Inventaire national du Patrimoine culturel immatériel. Cette reconnaissance vient saluer des pratiques constructives développées et transmises depuis des siècles par les bâtisseur·ses de toutes les régions de France, hexagonale et d’outre-mer. Pisé, bauge, torchis, adobes, briques crues, enduits terre, terre allégée, hourdage de murs en pierre … ces techniques témoignent de la diversité des usages du matériau terre crue et de la richesse des traditions constructives françaises. Loin d’être figés, ces savoir-faire constituent un patrimoine vivant, qui continue d’évoluer au gré des pratiques et des innovations portées par les professionnel·les de la filière, sur le terrain.
Cette inscription est le fruit d’un travail collectif engagé depuis 2022 par la Confédération de la construction en terre crue (CCTC). Le dossier de candidature a été élaboré avec l’ensemble de ses membres, parmi lesquels figurent plusieurs associations régionales, des organisations nationales et des fédérations professionnelles. La candidature s’est notamment appuyée sur l’expérience de praticien·nes ainsi que sur le Guide des bonnes pratiques de la construction en terre crue, texte de référence actuel du point de vue règlementaire.
Au-delà de la reconnaissance patrimoniale, cette inscription souligne la nécessité de préserver ces savoir-faire et d’accompagner leur transmission. En France, près d’un millier d’entreprises exercent aujourd’hui des métiers liés à la construction en terre crue. Le patrimoine bâti témoigne aussi de l’ancrage de ces techniques, avec une présence pouvant atteindre 80% des bâtiments dans certaines régions ! Sa préservation passe aussi par une meilleure prise en compte des spécificités et de la variabilité du matériau terre. Un « plan de sauvegarde » a été rédigé en ce sens. Il prévoit des actions de communication, de formation et de partenariats institutionnels.
Des représentant·es de la CCTC recevront officiellement cette reconnaissance des mains de Catherine Pégard, ministre de la Culture, le 3 décembre 2026, au ministère de la Culture à Paris. Cette inscription à l’Inventaire national constitue également une première étape en vue d’une éventuelle candidature à l’échelle internationale de l’UNESCO. Une avancée importante pour la filière, qui confirme la valeur culturelle, technique et environnementale de la construction en terre crue et encourage la transmission de ces savoir-faire aux générations futures.
